Intégrale Échappée Belle - Maxime

Publié le 23 août 2026 à 23:08

Depuis 3 ans et demi que l’on est en Savoie, j’ai toujours repoussé le moment où je participerais à l’Échappée Belle, surtout par peur de ne pas avoir la patience nécessaire pour affronter les cailloux. Cette année semble être la bonne surtout que beaucoup de copains de la Team d’Aix les bains sont aussi présents sur l’Intégrale (150 kms et 11 200 D+).

J’ai reconnu le parcours jusqu’à Val Pelouse donc je sais à quoi m’attendre pour les 2 premiers tiers, pour le reste on m’a dit que c’était roulant (à voir…). Le point d’interrogation reste mon état de fatigue après notre traversée Vizille -> Embrun terminée seulement 9 jours avant le départ.

L'avant course

Jeudi en fin de journée, nous partons avec Maud et avons rendez-vous à Aiguebelle pour retrouver Nico (un copain de Rennes qui vit en Haute-Savoie) et faire la route ensemble jusqu’à Vizille, où on a prévu de dormir près du départ (lui en tente). A Vizille, nous trouvons une place à moins de 100 m du départ, entre d’autres vans, Nico peut planter sa tente juste à côté de nous. Pendant que je termine la préparation de mes sacs Maud va chercher la traditionnelle pizza d’avant course. Nous finissons la pizza juste à temps avant l’arrivée de la pluie, on rentre dans le camion (et Nico dans sa tente). Je donne les dernières instructions à Maud qui me fera les ravitaillements à partir de Fond de France et au lit.

Nous avons appris dans la journée que le départ était décalé de 2h (8h au lieu de 6h) pour laisser passer le gros de la pluie, nous avons donc presque le droit à une grasse mat’. On met le réveil à 6h pour se laisser le temps et retrouver les copains de la Team avant le départ. La nuit est un peu agitée, il pleut fort et l’orage nous réveille plusieurs fois, je me dis que de toute façon la nuit d’avant course n’est jamais la meilleure…

6h le réveil sonne, il est temps de se préparer pour y aller ! Au moment de mettre mes chaussures je me rends compte que je n’ai pas pris les bonnes… Je pensais prendre ma nouvelle paire de Olympus 275 HiLo mais j’ai pris celle de Maud, niveau pointure ça va être compliqué… Heureusement j’ai pris au cas où la paire que j‘avais pendant la traversée, mais après les avoir portées pendant 11 jours les mousses ne sont plus de première fraîcheur. Je m’en veux mais il faut que je passe au-dessus de ça pour me concentrer sur la course.

Le départ de la course se fera sous la pluie, ça tombe bien et ça ne semble pas prêt de s’arrêter. La veste de pluie sera bien utile au moins au début.

7h30, direction la zone de départ pour laisser mon sac d’allègement (j’en mets un au cas où Maud a des soucis pour me rejoindre) et retrouver les copains. En y arrivant, on croise Adèle et Louis (le vainqueur avec un chrono monstrueux), Yo (qui n’a pas pu prendre le départ)... Sur la ligne je retrouve FX un copain de la Terminorum et Maxime, Marc, Marine, Zuzana et Dorine d’Aix.

Départ - Fond de France

8h03 après le petit discours pour nous motiver le départ est donné pour la vague 1 (les vagues sont espacées de 30’). Je pars tranquillement avec Maxime et Zuzana, on discute de notre été. L’objectif est de surtout ne pas se mettre dans le rouge pour cette première montée. J’échange aussi quelques mots avec Sandrine que j’avais rencontré sur la Terminorum 2025 et je pars devant. Je sens assez rapidement une gêne sous les pieds et je comprends qu’avec l’humidité mes semelles sont en train de remonter… Je m’arrête pour les remettre en espérant que ça va tenir au moins jusqu’au ravito de l’Arselle. Durant cette pause je me fais doubler par pas mal de coureur et je retrouve FX qui ne manque pas de me chambrer ! En repartant je ne tarde pas à le rattraper pour finalement faire un bon bout de chemin avec lui. Nous arrivons au premier ravitaillement de l’Arselle, où Cédric nous encourage, juste le temps de recharger en eau, manger un peu et c’est reparti. J’ai une nouvelle fois dû remettre mes semelles en place, je me dis que c’est la dernière fois, la prochaine je les enlève (ça ne se reproduira pas).

Avec FX, on se fait rattraper par Maxime et Marc et on continue ensemble tous les 4. La pluie s’est arrêtée depuis un petit moment, je décide donc d’enlever ma veste et de faire une pause toilettes. En repartant je veux éviter une flaque et c’est la chute, je tape le genou contre un caillou mais repars immédiatement. Je sens quand même que ça a tapé un peu fort et du sang se mélange à la boue sur mon tibia, je continue et au fur et à mesure la douleur s’estompe. Malgré la météo, les paysages en ce début de course restent magnifiques avec les passages au milieu des lacs. 

On arrive avec les gars au refuge de la Pra, les bénévoles nous disent qu’il n’y aura pas de montée à la Croix de Belledonne à cause des conditions météo… Comme au ravitaillement précédent, on charge en eau, on mange un peu et on repart. En repartant FX me dit qu’il va ralentir le rythme, je continue donc avec Maxime et Marc. On passe le col du Freydane et on descend vers le plus beau des lacs Blancs pour continuer de descendre et remonter au Refuge Jean Collet.

Nouveau ravitaillement rapide, FX arrive quand on repart et me dit qu’il ne se sent pas très bien, je lui dis de s’accrocher que ça va revenir (je ne le reverrais pas de la course, il arrêtera à Super Collet; il voulait passer le Morétan). Le rythme avec Maxime et Marc est bon sans que je me mette dans le rouge, je sens que je pourrais monter plus vite mais il ne faut surtout pas, le chemin est encore long. On passe les raidars du col de la Mine de Fer et de la Brèche de la Roche Fendu pour continuer jusqu’au Pas de la Coche. C’est à ce moment que Marc nous dit qu’il va ralentir, avec Maxime nous continuons sur notre rythme. Dans la descente qui suit je me retourne et ne vois plus Maxime, mais Marc quelques lacets au dessus. Je continue jusqu’au Habert d’Aiguebelle où les gars arrivent juste après moi. Maxime a eu une douleur au genou (comme un blocage) dans la descente ce qui l’a obligé à ralentir. Je prends un peu plus de temps au ravito pour bien manger, je sais que la prochaine portion va être longue. Les gars préfèrent prendre plus de temps avant de repartir, je m’en vais donc seul ! 

Je rattrape le coureur devant moi dans la montée vers le col de l’Aigleton, je me dis que discuter nous fera arriver plus vite à Fond de France. Je rencontre Timothé, un collègue de Maud qui est venu encourager sur le parcours. Après le col de l’Aigleton on enchaîne avec celui de la Vache qui est un peu technique sur la fin. C’est surtout la descente que j’appréhende parce que je la trouve toujours longue mais accompagnée elle passe mieux. La météo n’est quand même pas très favorable pour la descente, la pluie est revenue et le sol complètement trempé est bien glissant. Les secousses de la descente me retournent le ventre, je suis obligé de faire quelques pauses techniques et me retrouve seul mais je sais que la fin après le refuge des 7 Laux est plus facile. Après avoir longé les lacs des 7 Laux, la pluie devient de plus en plus forte jusqu’à se transformer en grêle, le ciel est tellement noir que je me demande si je ne vais pas sortir la frontale alors qu’il est 18h. J’ai hâte d’arriver à l’abri de la forêt mais je me dis qu’en bas les organisateurs décideront peut-être d’arrêter la course si les conditions ne changent pas. En bas de la descente je rattrape les coureurs avec qui j’étais avant ma pause technique et on arrive ensemble à la base vie de Fond de France.

Maud est là, mais surprise, il y a aussi les copains de la Team d’Aix. Je commence par me changer pour être au sec et ensuite bien manger avant de repartir avec la frontale sur la tête. Voir tout le monde et manger chaud me fait du bien mais je ne traîne quand même pas trop parce qu’il commence à faire froid. Les copains commencent à me mettre la pression en me disant que Marine est 30’, devant Zuzana 30’ derrière mais qu’avec Ludo (son pacer) ils me rattraperont. Au moment où je repars Maxime et Marc arrivent, je ne vais pas les attendre parce qu’ils vont prendre leur temps et Maxime va essayer de se faire manipuler par un kiné pour son genou.

Fond de France - Gleyzin

 

Ludo m’a rappelé ce qui m’attendait jusqu’au Gleyzin, mais en repartant les souvenirs de la reco me reviennent. Il me faut quelques minutes pour réussir à me réchauffer mais une fois dans la montée il ferait presque trop chaud. Je rattrape quelques groupes de coureurs devant moi et échange quelques mots avec eux pour que la nuit passe plus vite. Je suis obligé de m’arrêter plusieurs fois à cause de mes crampes d’estomac qui ne veulent pas s’en aller… Je trouve la montée un peu longue alors j’essaye d’accélérer un peu pour me maintenir éveillé et rattraper les frontales devant moi. Arrivé au lac du Léat, je sais qu’il ne reste presque que de la descente jusqu’au Gleyzin. La descente se passe super bien et j’arrive au ravitaillement en forme.

Maud m’attend avec Gaëlle (la copine de Maxime), je ne veux pas traîner pour ne pas prendre froid. Je m’alimente bien car je sais que le morceau qui m’attend va bien m’entamer.a

Gleyzin - Super Collet

La montée qui m’attend est celle au col du Morétan en passant par le refuge de l’Oule. La première partie jusqu’au refuge dans la forêt est longue et je me retrouve seul dans la nuit. Au refuge, les bénévoles m’annoncent que le dernier coureur est passé 20’ avant moi. Moi qui voulait avoir de la compagnie c’est raté…. Il est temps de manger la banane que j’ai emportée au Gleyzin et c’est reparti. Je me dis que je ne suis plus très loin du col. Après quelques lacets je vois une frontale au-dessus de moi, ma joie est de courte durée, c’est une participante qui a décidé de faire demi-tour. En approchant du col du Morétan, j’entends les bénévoles nous encourager “Au Morétan, on est CONTENTS” puis je vois leur frontale qui me paraissent drôlement loin. Finalement j’y arrive plus rapidement que ce que je pensais, il fait nuit donc je ne m’y attarde pas et bascule de l’autre côté. La descente passe par un névé ou l’organisation a mis une ligne de vie, j’hésite entre la prendre ou pas, finalement après une chute qui me laissera un beau bleu sur la fesse je la prend. La neige est bien dure et gelée donc j’essaye de ne pas me précipiter.

Une fois le névé passé, il faut basculer sur la crête qui mène aux lacs du Morétan. Là aussi il y a une ligne de vie mais je me sens plus à l’aise sans. Une fois ces difficultés passées, il est possible de trottiner mais la portion pour arriver au ravito de Périoule me paraît interminable.

Autour du ravito les bénévoles ont disposé plein de bougies, c’est magnifique et fait plaisir à voir. Les bénévoles, qui ont le courage de rester là, m’offrent une soupe et je repars avant d’avoir trop froid.

Je continue la descente, et enchaîne avec la remontée vers le refuge de la Pierre du Carré. Une fois au refuge, je sais que la base vie de Super Collet n’est plus très loin. Effectivement j’arrive vite à voir le ravitaillement mais le balisage nous fait faire un petit détour dans la station.

Au ravito Maud m’attend avec Yo, ils m’annoncent que Louis est déjà arrivé et a gagné devant Ludovic POMMERET (quel monstre). Je prends le temps de bien manger, de me changer, de refaire quelques straps et je repars sans frontale (ça fait plaisir).

Super Collet - Val Pelouse

Le redémarrage au lever du jour fait plaisir, mais la longue montée sur les pistes de ski un peu moins. Dans la montée je sens rapidement que j’ai le souffle court dès que j’essaye de mettre un peu de rythme, je comprends que le froid au départ ne m’a pas épargné. J’ai l’impression d’avoir un mélange de bronchite et de crise d’asthme, j’espère que ça passera vite. Je monte à un rythme acceptable et arrive au col de Claran. Dans la descente je me fais doubler par les 2 premiers de la Traversée Nord qui vont bien plus vite que moi.

Une fois en bas il faut remonter vers les Férices, la montée est compliquée, je sens que j’ai de plus en plus de mal à respirer. Arriver là-haut je m’arrête avec le médecin, pour savoir si quelque chose pourra faire passer ça, mais rien, il me conseille de prendre quelques minutes avant de repartir. Je me fais rattraper par Sandrine qui a un petit mot gentil pour m’encourager. Je repars mais en comprenant qu’il va être compliqué de courir ou de forcer en montée. Surprise, quelques kms plus loin je tombe sur Mick (Maître en Chartreuse) qui est venu voir les copains, on fait quelques kms ensemble et ça me remotive pour ne rien lâcher jusqu’au bout. Je sais qu’une fois au col d’Arpingon il ne me restera que la descente jusqu’à Val Pelouse.

J’y arrive où Maud m’attend avec tout plein de copains de la Team d’Aix. La forme et le moral ne sont pas forcément au beau fixe mais je sais que j’irais au bout. Maud me propose une gaufre, elle fait plaisir celle-ci, je me change et je repars.

Val Pelouse - Bourget en Huile

 

 

 

Au moment où je repars du ravito, Claire y arrive, on échange quelques mots mais je sais qu’elle me rattrapera sans trop tarder. Je reprends par un bon gros raidard avant de descendre un single sur une crête. Sûrement la partie la moins fun de la course…on est sur le même parcours que le 42 kms qui vient de partir. Dans la descente ils sont frais et pour ne pas trop les gêner, je passe mon temps à me ranger mais du coup je n’avance pas. J’en profite quand même pour encourager quelques copains de la Team.

Dès que ça remonte je reprends un rythme tranquille pour ne pas galérer à respirer, je passe les différents cols en avec le gros du peloton des autres courses. On enchaîne avec la crête des Mollards avant de descendre sur le Bourget en Huile.

Maud est toujours là avec les copains, je suis comme elle le dit “un peu trop ronchon”, le fait de ne pas pouvoir respirer m’agace parce que je ne me sens pas trop mal même si les genoux commencent bien à tirer. Une soupe et ça repart.

Bourget en Huile - Arrivée

Après quelques mètres, je me rends compte que je n’ai pas pris de quoi me ravitailler pendant la section. Heureusement il me reste quelques gels et barres dans le sac ! 

Après quelques kms, je me fais doubler par Éric (rencontré à la Terminorum) qui fait le Défi de la Maurienne, on fait un petit bout ensemble, mais il va plus vite que moi. Au ravito Cédric m’a briefé sur le parcours jusqu’à la fin et il ne m’a pas menti, les montées restantes sont bien raides. Pour retrouver mon souffle, je suis obligé de m’arrêter plusieurs fois et j’en profite pour manger. Je me fais encore doubler par des copains d’Aix sur la 42. Même quand on croit que l’on va basculer en descente ça remonte… La dernière descente est longue et je ne peux presque plus courir à cause de douleurs aux genoux. Avec les infos des spectateurs et des bénévoles je me rends compte que je peux passer sous les 35h, j’essaye d'accélérer le rythme à la marche. A moins d’un km de l’arrivée, je vois Yo qui m’attend pour m’accompagner à l’arrivée. Dans la dernière ligne droite, je suis gagné par l’émotion et après 34h51’04” j’arrive à Aiguebelle pour sonner la cloche !

Un sacré chantier, qui mérite d’être affronté. Je finis à la fois content et frustré; content parce que je mets 2h de moins que mes prévisions mais frustré parce que sans mes soucis de respiration j’aurais pu mettre encore moins de temps.

Je retiendrais quand même que c’était une chouette balade et que parfois ça fait plaisir de mettre un dossard en montagne juste pour suivre du balisage.

 

Un immense merci à Maud d'avoir assurée l'assistance d'une main de maître, sans elle la course ne se serait pas aussi bien passée. Et merci à tous les copains qui étaient sur le parcours pour les encouragements qui m'ont vraiment fait plaisir.

📷 Mickaël ROBERT

 

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