Le Gran Trail Courmayeur (GTC) est un trail, au cœur du Val d'Aoste, en Italie. Organisé par le TORX®, il emprunte une partie des sentiers du mythique Tor des Géants et offre un parcours aussi exigeant que spectaculaire, face au massif du Mont-Blanc.
Au programme : plus de 100 kilomètres et plus de 7 000 mètres de dénivelé positif. Une course exigeante, réputée autant pour sa difficulté que pour la qualité de son organisation et l'accueil chaleureux des bénévoles italiens.
Le départ est à 22h, les dossards sont à récupérer jusqu'à 20h. Malheureusement les 1h30 de bouchon avant dans pour enter dans le tunnel du Mont Blanc m'empêche de le récupérer... Heureusement que Benjamin et Etienne sont un peu plus en avance que nous et récupère mon dossard, merci à eux.
On a juste le temps de tout récupérer, de manger et de finir de me préparer qu'on s'avance jusqu'à la zone de départ. Les éclaires font leur apparition, il se met à pleuvoir assez fort, on sort tous nos vestes de pluie en attendant le départ. Tout le monde est heureux dans le SAS de départ malgré la météo : ça chante, ça danse, ça sourit... 10' avant le départ, la pluie a cessé, on enlève les vestes.
22h, go ! Je mets toujours 1h/1h30 pour me mettre dans ma course, mais aujourd'hui ce n'est pas le cas. Je me sens bien et heureuse d'être là. ça se court beaucoup au début, ça permet de faire passer les premiers km rapidement. Avant le premier ravito à Arpy, il recommence à pleuvoir mais j'attends d'arriver au sec pour me couvrir, je voulais m'essuyer avant. Malheureusement, on s'est raté avec Max au ravito. Je bois un coup, je grignote des morceaux de fruits, mets ma veste et je repars.
Le tout début après le 1er ravito, il pleut bien et je ne vois rien avec mes lunettes, je fais sans mais je dois bien rester concentrée. Cette deuxième étape est chouette, le sentier est surtout dans des pierriers, j'adore cette montée jusqu'au refuge Deffreys où se trouve le 2ème ravito. J'ai des crampes qui commencent à arriver aux mollets et aux pieds, je fais attention à tous mes mouvements pour ne pas que ça arrive pour de vrai. Le ravito est bien garni mais j'y reste moins de 5', juste histoire de remplir mes flasques, boire un verre de coca avec un rondelle de citron et de manger du fromage et des biscuits salé. Je sais que je vais voir max au prochain.
La descente est sympa, il y a beaucoup de cailloux mais je trouve qu'elle se descend bien. La fin dans le village de La Thuile est longue, on traverse toute la commune sur le bitume, c'est assez long. Le prochain ravito est dans une salle, avec des tables et des chaises, c'est plus sympa pour manger. Je me change aussi. J'avais chaud dans la descente mais je ne voulais pas enlever ma veste par peur d'attraper froid comme j'étais trempée en dessous. Je me mets au sec avec mes manchettes et je repars dans la nuit.
Cette 3ème partie est vraiment celle que j'ai le moins aimé. On a eu de la route jusqu'au ravito, parfois bitume, parfois piste forestière. De longs lacés qui n'en finissaient pas. En plus j'étais seule. Heureusement que cette portion est de nuit. Ouf le ravito qui donne fin à cette portion. Je prends juste du fromage et des biscuits salés et je repars sans m'arrêter.
La suite est la portion la plus jolie du parcours. Les lueurs du jour apparaisse, on est dans le vallon de Les montagnes se dessinent doucement, j'adore ce moment paisible, je me sens chanceuse d'être là. Rapidement j'éteins la frontale mais je ne m'arrête pas tout de suite pour la ranger, le ravito n'est pas très très loin. On monte jusqu'au col de Youlaz. On en prend plein les yeux, c'est magnifique. De l'autre côté on voit la suite du parcours, la montée après le lac de Combal. On est à 2800 m d'altitude et malheureusement je le ressens, je suis en hyperventilation et mes jambes n'avancent plus comme je voudrais et je suis un peu barbouillée. Je sais que c'est passager et que ça ira mieux en descendant. Les crêtes sont dingues avec le soleil qui pointe le bout de son nez c'est fabuleux. J'arrive ensuite au Mont Falcon que je connais grâce au parcours du Trail du petit Saint-Bernard de l'année dernière. Ici il y a un ravito. Je prends quelques minutes pour m'assoir, ranger la frontale et bien manger.
On continue jusqu'au col de Chavannes, que je connais aussi mais on va direction le col de la Seigne en faisant un petit détour, on redescend pour remonter. Contente d'arriver à la frontière avec la France, j'attaque la partie du TMB, que j'ai fait avec ma belle famille la semaine dernière, un peu de nostalgie. La descente est top pour bien courir correctement jusqu'au ravito du lac de Combal où Max m'attend. Je prends un bouillon avec du pain pour reprendre des forces. Je change de t-shirt, je remets l'Altra qui a séché depuis le Thuile.
J'ai tellement mangé que je repars sur le plat en marchant, avant d'attaquer la petite montée qu'on voyait des crêtes. Il y a beaucoup de randonneurs à dépasser. Ensuite la descente jusqu'au ravito suivant et super chouette. J'ai repris des forces, le mal de l'altitude a bien disparu comme prévu. Je cours bien et je suis bien motivée. Arrivé au refuge Maison Vieille, je suis ravitaillée pour 2 française, c'est agréable de discuter un peu avec elles. Je ne perds pas de temps je sais que la suite qui m'attend est difficile. Je veux garder cette belle énergie.
La descente est un peu raide par moment mais aucune difficulté apparente. Après avoir atteint l’entrée de la Val Veny, je me demande depuis un bon moment par où on allait monter au Wkyway tellement c'est raid. En bas de la montée, je me fais biper et c'est parti pour la montée infernale de plus de 800 m de D+ en moins de 3 kms autour du km 80 de course ... C'est raide, des très sinueux, on voit le sommet mais on y arriver jamais ... Je recommence mes hyperventilation pourtant on est pas très haut ... Je me pose des questions... Et comme ce n'était suffisant, l'orage est de retour, juste au dessus de nos têtes. Je remets ma veste de pluie, je suis frigorifiée. Plus on monte et plus j'ai l'impression de ne pas nous approcher du sommet. Je me sens mal, j'ai les poumons en feu, je suis épuisée. Avant d'arriver en haut, je vois Max qui m'attend et qui me hurle dessus pour m'encourager. ça me fait si plaisir de le voir. On rentre dans la base vie, j'essaye toutes les chaises avant d'en trouver une au chaud près d'une table. Je me change, mets la doudoune de Max. Il me tend des pates mais ça ne passe pas. Je suis encore en dé tresse respiratoire. Je pose ma tête sur la table est essaye de me calmer. Effectivement c'est passé et je me sens déjà tout de suite mieux. Je mange mon assiette de pâtes, réclame un bouillon bien chaud et je mange/bois du sucre. Il me faut 1h pour reprendre mes esprits. Sincèrement, heureusement que c'est passé. Je pleurer de tristesse en arrivant, je me sentais trop mal et je ne me voyais pas repartir dans cet état surtout avec la descente qui nous attendait...
Je repars soulager, une deuxième course commence, je suis quand même faible. Effectivement le début de la descente n'est pas drôle, la suite est plus agréable en lacets dans la forêt. J'arrive en bas au Val Ferret, qui soit disant passant est un torrent presque de boue complètement déchainé. La montée n'est pas compliqué mais je n'avance plus. Je fais de mon mieux sans jamais m'arrêter. Sauf pour remettre ma veste de pluie, une belle averse est de retour mais l'orage n'est pas sur cette montagne, je n'ai plus peur. je rejoins ensuite le sentier du TMB. Je sais que cette portion jusqu'au prochain ravito est facile et se court mais j'ai très peu de force pour tout courir. J'alterne marche et course. Au refuge Bonatti, je rejoins une dernière fois Max. Je m'assoies pour manger une soupe et manger un peu de fromage avec du pain. Le moral est assez bon mais physiquement je n'ai jamais été aussi mal. Pourtant je suis toujours dans les temps de mon plan de course mais je n'arrive pas à me le dire parce que j'ai vraiment l'impression d'être un escargot.
Je repars en même temps que le soleil revient, c'est beau. Il y a des marmottes partout. Il reste 2 petits col à passer avant le dernier ravito et la descente vers Courmayeur. Je sais que c'est faisable. Pourtant dans la montée du Col d'entre deux sauts je craque. Je suis en détresse respiratoire, ce qui me fait encore paniquer. Je n'arrive pas à me calmer. Je m'assoie dans l'herbe je m'énerve en parlant à voix haute en disant que je suis bonne à rien, que c'est ridicule de rêver des grandes courses dans quelques années alors que je n'étais pas fichue de faire un 100 km proprement. Je tourne la tête et une marmotte me regardait, je me suis excusée et elle m'a apaisée. Je lui parlais plus calmement comme si c'était ma confidente. Je me suis rendue compte que j'avais de la chance d'être là. Je suis repartie pour finir les quelques mètres du col avant de la redescendre. En voyant le dernier col Sapin qui me restait j'ai paniqué. Pourtant il n'était pas si terrible. Dans la montée (encore en hyperventilation), je lève la tête et là : le Gypaète. Un cadeau qui me donne tellement de force et de motivation pour avancer. J'arrive au col, la descente est raide et me fait très très mal partout. Musculairement je suis détruite, je suis une courbature géante : les jambes, le dos, les muscles intercostaux, les bras, les épaules, la nuque... Mais à ce moment là je m'en fiche, je veux arriver au dernier ravito. Je descends comme je peux, Ce n'est pas gracieux du tout.
Ravito du Currù, le dernier des 10. ça y est dans ma tête j'ai réussi. Je suis émue. Je bois beaucoup d'eau mais la nourriture je n'en peux plus, surtout du sucre, j'en ai plein la bouche. Je prends quelques morceaux de pastèque tout de même avant de filer vers Courmayeur. Au milieu de la descente on entend le speaker, c'est la plus belle des sensations.
Beaucoup d'émotions à l'arriver de cette course, je tombe dans les bras de Max en pleurant. C'est grâce à lui que j'ai pu aller au bout. Mille Mercis, tu es le meilleur des assistants. 22h17, finalement 13' avant mes prédictions.
Cette course est formidable, que ce soit l'accueil des Italiens, leurs encouragements, leurs sourires. Mais aussi, le parcours balisé à la perfection, l'organisation, les ravitos de qualité, le parcours absolument magnifique... Je suis déçue du dérouler de ma course, je n'ai pas profité comme je voulais. Mon objectif de bien avancer n'est pas atteint même si le temps de course est celui prédit, je me suis sentie lente, très lente à partir du 40e Km environ. Se faire dépasser par tout le monde est difficile à encaisser.
Je n'aime pas faire 2 fois les mêmes courses mais celle ci est devenue trop cher à mon cœur pour que je ferme la page du GTC. Je reviendrais dans plusieurs années pour la faire proprement, j'en profiterai pour essayer d'avoir un ticket pour le Tor des Géants. Mais ce n'est vraiment pas pour tout de suite, j'ai encore énormément de travail à faire ...
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Commentaires
Bonjour Maud ,
Bravo ! Félicitations à toi .
Marion