La Chartreuse Terminorum est bien plus qu'une simple course : c'est une aventure à part entière et humainement forte. Inspirée de la mythique Barkley Marathons qui se déroule dans le Tennessee. Elle cultive le mystère, l'incertitude et le dépassement de soi. Le parcours n'est dévoilé qu'au dernier moment, les règles sont volontairement atypiques et l'atmosphère mêle convivialité et défi permanent. Dans le décor sauvage du massif de la Chartreuse, les participants évoluent dans une ambiance unique où l'endurance physique, la capacité d'adaptation et le mental sont mis à rude épreuve.
L'épreuve consiste à réaliser cinq boucles d'environ 60 km et 5 000 m de dénivelé positif, chacune à effectuer en moins de 16 heures. Sans GPS, les participants s'orientent uniquement à l'aide d'une carte et d'un roadbook, et doivent retrouver plusieurs livres cachés sur le parcours pour valider leur passage. L'autonomie est totale : aucun ravitaillement n'est proposé et la gestion de l'eau dépend uniquement des sources et ruisseaux que Mère Nature veut bien offrir.
L'AVANT COURSE
Jeudi 18, 11h00. Nous arrivons à La Diat. Nous garons le camion à côté de celui de Simon ; il y a déjà du monde. Nous prenons le temps de nous installer et de faire le tour pour dire bonjour. On retrouve pas mal de têtes connues, ça fait plaisir de les revoir et de replonger dans l’atmosphère particulière de cette course. Nous mangeons notre repas, discutons un peu, puis partons faire une sieste en attendant l’heure de recopier la carte.
15h00. Nous montons près de la pierre pour attendre à l’ombre l’arrivée du Triumvirat. Le stress commence à monter mais on a hâte de savoir ce qu’ils ont décidé de nous faire vivre.
15h40. Simon est le premier à se présenter, Maud passe quatrième. Je passe en sixième.
Cette année c’est Cédric qui nous accueille, je lui donne mes offrandes et reçoit le dossard 51. Dom me donne le roadbook et le morceau de carte manquant sur l’IGN Sud et je file à la table pour recopier la carte. Comme l’année dernière la pression arrive vraiment à ce moment-là, il ne faut pas faire d’erreur et ce n’est pas facile de recopier quand on n’est pas en face et qu’il y a déjà 5 personnes autour. Je sais qu’il ne faut pas que j’attende parce qu’avec tous les autres postulants qui vont arriver ça sera pire. Finalement le calme revient et je me rends vite compte que le tracé est très similaire à celui de l’année dernière, cela nous rassure beaucoup avec Simon. On blague même avec quelques postulants de l’année dernière, l’ambiance pour certains est plutôt détendue.
Je prends le temps de bien tout recopier et surtout bien indiquer l’emplacement des livres.
Après avoir recopié la carte, on compare avec les autres et je me rends compte que j’ai mal positionné un passage, heureusement que Simon et Maud ont été plus attentifs. Maintenant place à la lecture du roadbook, ce qui n’est jamais simple avec toutes les informations inutiles qui sont ajoutées. J’essaye de me concentrer en regardant en même temps la carte et surligner les informations importantes sur le parcours et les emplacements des livres. On essaye d’aider certains novices à comprendre les subtilités du roadbook mais après avoir bien vérifié le tracé on retourne vers le camion pour être plus au calme pour la prise de note.
19h00. C’est l’heure du briefing et de l’apéro. Le ciel est menaçant et la pluie commence à tomber, de quoi faire chuter un peu la température avant la forte hausse prévue pour le lendemain. Un verre de Chartreuse, 2/3 patates et un morceau de gâteau feront l’affaire avant de manger le reste de salade au camion. Avant d’y retourner, passage obligatoire auprès du Triumvirat pour récupérer la balise GPS.
22h40. Il reste vingt minutes pour dormir tranquillement sans être dérangée. Rien ne peut nous arriver mais je tarde à dormir, le fait de ne pas savoir à quelle heure le clairon va sonner me stresse. Je cogite beaucoup trop pour savoir quand sera donné le départ…
Petite pause pipi dans la nuit en retournant me coucher et dors d’une traite jusqu’à 7h00. Il ne s’est rien passé dans la nuit.
Avec d’autres coureurs on constate que le Triumvirat n’est pas là, cela nous laisse le temps de peaufiner la lecture du roadbook et de la carte.
Ce moment avant le départ nous permet aussi de profiter d’un bon petit déjeuner sans précipitation et de discuter avec les parents de Simon venus attendre le départ avec nous et Colin qui a fait la route de Bretagne la veille en espérant être repêché (ce qui ne sera pas le cas mais il profitera du week-end pour faire 2 belles boucles).
9h10. Le clairon sonne. Dans 1h l’aventure tant attendue commence…
Nous terminons de nous préparer et prenons la direction du départ. Nous faisons sceller nos téléphones et activer les balises GPS.
Par rapport à l’année dernière il y a beaucoup moins de stress, on a pu se préparer sereinement.
10h10. La sonnerie aux morts retentit. Le cierge est allumé. C’est le départ.
Crédit photo : Colin Fay
Boucle 1
Dès les 100 premiers mètres une des attaches avant de mon sac lâche… Je passe les premiers kilomètres à essayer de le réparer mais je me fais une raison et continuerais avec une seule attache. Le départ est moins rapide que l’année dernière, avec la chaleur tout le monde essaie sûrement de se préserver. L'arrivée se fait en masse jusqu’au Guiers et le peloton commence à s’étirer dans la première montée. Je me retrouve dans un second groupe qui rattrapera le premier avant le premier livre (erreur d’orientation de leur part). Avec Cédric on trouve ce premier livre “Guide de montage” et arrachons nos pages respectives; quel plaisir d’arracher cette première page sans avoir eu besoin de jardiner pour trouver l’emplacement.
Nous repartons et je suis plutôt content d’avoir été le premier à prendre ma page pour éviter la pagaille du reste du groupe. Je connais cette montée d’Alice au Pays des Merveilles, je n’ai donc pas de soucis à me retrouver devant. Je me fais rapidement doubler par les plus rapides du départ (François, Damien, Maxime, David et Fleury) mais je n’essaye pas de les accrocher, je connais le chemin et garde mon rythme pour ne surtout pas me mettre en sur-régime surtout avec cette chaleur.
La redescente se fait à bon rythme et on se retrouve avec Franck. Le premier point d’eau arrive rapidement, je ne m’y attarde pas je sais que celui d’après à plus de débit et j’en ai suffisamment pour y aller. Le livre 2 “Boussole” est vite trouvé, le groupe de devant en partait tout juste.
Je m’arrête comme prévu au point d’eau suivant et le groupe de derrière nous rattrape, on fait donc un bon bout de chemin avec FX, Alice, Séverine, David Baptiste, Mathieu et Jérôme. Le livre 3 est trouvé assez vite, à plusieurs les recherches prennent peu de temps.
Le groupe file ensuite vers le livre 4 mais dans la montée Alice glisse et se démet l’épaule, je ne sais pas par quel miracle elle la remet et repart (elle finira la première boucle en mettant son bras en écharpe; quel courage).
Dans la descente je sens FX en forme qui met un bon rythme que j’accroche, physiquement je me sens vraiment bien et la chaleur ne m'atteint pas trop, c’est de bonne augure pour la suite. Je fais quand même attention à bien boire et m’alimenter pour éviter de finir comme l’année dernière.
Nous traversons les prairies avec un petit vent frais très agréable. Nous arrivons au point d’eau suivant, des médias sont là, ainsi que les copains de la Terminorum qui ne participent pas à la course. Ça fait plaisir de les voir. Une fois les flasques remplies, nous poursuivons la descente, le groupe se scinde un peu, chacun prend son rythme de croisière. La remontée en plein soleil est un peu rude mais nous connaissons bien le chemin.
Nous arrivons au livre 5, Cédric en repart donc nous n’avons pas de mal à le trouver.
Après ce livre, il y a un autre point d’eau, le dernier avant un bon moment. J’y repars avec 3L pour être sûr de ne pas manquer. C’est du poids à porter mais je pense que ma stratégie peut être payante pour la suite qui va être longue. Je suis avec Franck qui ne semble pas au mieux, je lui dit que je ferais la montée vers le col d’A….. tout cool pour ne pas trop subir la chaleur et le poids du sac. Nous arrivons en haut, je cherche un peu le livre ce qui laisse le temps au reste du groupe de revenir sur nous. Je suis plutôt content qu’ils soient là parce que je sais que je maîtrise moins la partie suivante. Et effectivement un peu plus loin je me trompe de chemin et FX nous remet sur les bons rails. Nous sommes de nouveau une dizaine lorsque l’on arrive au livre 7, chacun prend sa page et tout le monde repart rapidement dans la descente. En jetant un coup d'œil à la carte je me rends compte que j’ai mis le porte-carte à l’envers…
Dans la descente je me rends compte que le groupe s’étire, arrivé en bas nous nous retrouvons à 3 avec Baptiste et Cédric lorsque nous atteignons le livre 8. Baptiste hésite à faire un détour vers P….. pour aller chercher de l’eau, de notre côté nous préférons continuer. Je me retrouve donc seul avec Cédric et cela va durer un bon moment. Le livre 9 est toujours particulier à trouver et lors des repérages j’ai bien pris mes marques mais Cédric me dit qu’il connaît le chemin le plus court. Je lui fais confiance et j’ai bien fait, nous arrivons rapidement sur le livre. Nous pensions vraiment être rattrapés par les autres mais personne en vu et lorsque nous arrachons nos pages nous nous rendons compte qu’il en manque certaines des coureurs que nous pensions devant.
La suite du chemin m’est familière avec une descente entre les arbres, c’est dans cette descente que nous nous faisons dépasser par François et Damien (que nous pensions justement devant). J’ai du mal à suivre le rythme des 3 dans la descente et je commence à me sentir mal, je suis en train de me dire que mon estomac me joue des tours comme l’année dernière… En bas je les vois s’éloigner, je me force à manger pour avoir suffisamment de carburant pour continuer. Finalement je retrouve les 3 au début de la montée suivante en train de chercher le livre. Avec Cédric nous sommes plutôt d’accord sur l’emplacement et en allant voir nous le trouvons immédiatement. On repart à 3 mais de mon côté ça ne va pas mieux, je fais une nouvelle pause sur un rocher et je repars de nouveau seul. Cette solitude ne sera pas longue puisque je les retrouve rapidement en train de faire le plein d’eau au goutte à goutte de F….
Dans la montée suivante François et Damien se détachent rapidement, nous les verrons une dernière fois au moment de récupérer notre page du livre 11. Une fois la page en poche nous descendons vers le Pont St Bruno, le Guiers sera idéal pour nous rafraîchir.
Les parents de Simon nous attendent là avec quelques journalistes, ça fait plaisir d’être encouragé. Avec Cédric nous mettons nos jambes dans l’eau et prenons le temps de recharger nos flasques avant de repartir. La montée suivante est une nouveauté grâce à Maître RAICHON (je ne crois pas qu’il faille le remercier…). On avance à bon rythme en étant assez d’accord avec le chemin à suivre, nous arrivons facilement à trouver le livre 12 “Pour le temps qu’il nous reste” au milieu de la montée (c’est le livre que Cédric a offert au Triumvirat).
Avec cette nouvelle page en poche nous continuons à grimper en direction du col des C…., après une bifurcation nous arrivons sur le livre 13 qui est presque au même endroit que l’année dernière. La montée n’est pas terminée et nous savons la dernière partie raide, une fois en haut il faut redescendre dans le Hachoir à diots. Cédric prend les devant et nous amène rapidement en bas sans erreur. En bas j’en profite pour manger une barre et vider mes chaussures, quel supplice ce fut, en les remettant je crampes aux mollets et aux adducteurs. Je crois que mes jambes acceptent uniquement les mouvements de la course ou de la marche…
Le chemin pour arriver au livre 14 n’était pas emprunté l’année mais j’y suis passé une fois et Cédric me dit qu’il l’a aussi emprunté lors d’une précédente édition. Le livre 14 est rapidement trouvé, ce qui nous met en confiance pour finir la boucle largement dans les temps.
Nous passons devant une source de captage où je propose à Cédric de faire le plein mais il décline pour le faire à la suivante car le débit est trop important et il a peur d’y perdre sa flasque. Malheureusement la suivante est fermée… nous n’avons pas le courage de faire demi-tour. Heureusement il me reste une flasque pleine dans le sac pour remplir la sienne, il faudra se rationner en haut jusqu’à la dernière descente.
Nous arrivons à O… où les journalistes nous attendent, nous sommes encouragés par quelques campeurs mais nous ne nous attardons pas et repartons dans la descente. La recherche du livre 15 prendra un peu plus de temps, nous pensions qu’il était au même endroit que l’année dernière mais finalement il est dans le vallon suivant. Au maximum nous avons perdu 10’ ce qui ne compromet pas la réussite de cette première boucle.
Nous continuons la descente puis remontons au col pour descendre M… le livre 16 se trouve en bas près de la cabane des chasseurs. Depuis quelques kilomètres je sens que ma voûte plantaire et mes talons sont en train de s’échauffer, je sers les dents en me disant que je soignerait ça en arrivant à la Diat. Les explications de roadbook pour trouver le livre 16 étant inversées, nous essayons de gagner du temps en cherchant avant la cabane. Finalement ce n’est pas un succès et recommençons en partant de la cabane, je finis par le trouver mais en hauteur dans une fente alors que depuis le début nous cherchions au sol.
Nous sommes largement en avance sur la barrière horaire, il nous reste un livre à trouver et nous savons qu’il ne sera pas difficile et nous connaissons par cœur la descente restante. Nous suivons les instructions du roadbook sans succès au départ mais en voulant revenir sur le chemin je tombe dessus par hasard dans une souche. La dernière page est arrachée, il est temps de retourner à la Diat.
Dans la descente nous croisons les premiers, d’abord François, Damien et David puis Fleury qui essaye de les rattraper et enfin Maxime. Avec Cédric la collaboration s’est super bien passée, nous décidons donc de repartir ensemble pour la deuxième boucle en faisant une pause de 15/20’.
Arrivée en bas après 12h30 de course (il est environ 22h40), le Triumvirat compte et valide nos pages, il y a toujours un peu de stress pendant ce moment.
Interboucle 1-2
Je pensais être seul pour gérer ce moment d’assistance, c’est pour cela que j’ai essayé de négocier 5’ de plus à Cédric. Finalement Simon est là… Sur le coup je suis un peu déçu pour lui mais même s’il me dit que l’on en parlera plus tard, je le sens satisfait (il a arrêté au pont St Bruno par manque d’énergie, il est déjà allé beaucoup plus loin que l’année dernière). Colin et les parents de Simon sont aussi là, c’est royal d’avoir 4 assistants quand on pensait être seul. Je donne mes ordres pour qu’ils prennent mes affaires dans le camion, remplissent mes flasques et rechargent mon sac en nourriture. Colin s'occupe de me strapper les pieds après les avoir bien sécher. J’ai les voûtes plantaires bien abîmées et des ampoules sur les talons mais rien de bien inquiétant (c’est ce que je crois…). En 20’ je suis prêt et remonte sous la tente attendre Cédric qui mettra finalement 30’ mais cela me permet de manger un peu plus.
Boucle 2
Nous reprenons un nouveau dossard (le 93 pour moi et le 91 pour lui) touchons la pierre et c’est reparti pour une boucle dans le sens horaire.
En repartant nous nous mettons d’accord avec Cédric pour essayer de faire le maximum de la boucle ensemble mais sans se pénaliser pour l’autre, si l’un se sent mieux, il part.
La question que je me pose en partant est de savoir quand je croiserais Maud. Nous croisons rapidement FX, Alice et Séverine qui ont toutes leurs pages et termineront ce premier tour dans les temps.
Avec Cédric nous arrivons rapidement au livre 17, ce qui est plaisant avec ce nouveau tour c’est que les livres seront sûrement plus facile à trouver mais pour le chemin il faut comprendre le roadbook en sens inverse.
Après ce livre nous continuons de monter et faisons rapidement face à 4 frontales, il s’agit de Maud, Franck, Julien et Luca. Je suis content de la voir et surtout de savoir que son tour se finira dans les temps, je lui dit qu’il faut qu’elle reparte sur le deuxième boucle au moins pour 2 livres parce que je sais qu’elle ne veut pas monter M….
Nous repartons et croisons ensuite Mick et Evarest qui devraient rentrer dans les temps mais sans trop de marge sur la barrière horaire. Le livre 16 qui arrive ne nous pose pas de soucis, nous continuons notre chemin vers le col, la montée est raide et longue, j’ai l’impression que nous n'avançons pas mais en même temps il faut se préserver la boucle va être longue.
En remontant vers O…, nous croisons d’autres participants qui ne finiront pas la boucle dans les temps mais veulent avoir leurs 17 pages. 2 d’entre eux cherchent trop bas le livre 15, nous remontons avec eux pour leur montrer où il est. Nous continuons la montée et nous tombons sur Maxime les jambes en l’air, il n’a pas l’air au meilleur de sa forme et nous explique qu’il a du mal à respirer donc prend une petite pause pour récupérer. Il finira la montée et abandonnera avec sa famille qui l’attend en haut.
Dans ce sens horaire le chemin qui nous amène au livre 14 ne nous pose pas de problème, comme lors de la première boucle nous le trouvons rapidement.
Crédit photo : Dauphiné Libéré
La montée du Hachoir à diots me paraît interminable, on est au milieu de la nuit et je commence à vraiment avoir un coup de barre. Nous redescendons ensuite vers le pont St Bruno, la première partie étant un peu glissante nous passons chacun notre tour, j’en profite pour manger et retrouver de l’énergie. Sur la fin de la descente nous apercevons une frontale derrière nous, il s’agit d’un participant qui est encore dans sa première boucle et cherche le livre 12. Avec Cédric la descente est longue car assez technique mais la fatigue et la nuit nous ralentissent.
Une fois la page en poche nous arrivons au pont St Bruno, il y a moins de monde que lors du tour précédent. Le jour est en train de se lever, on refait le plein d’eau et c’est reparti. Je tombe sur les dalles et j’ai droit à un gros bleu sur la fesse, plus de peur que de mal.
Le jour qui se lève me redonne le moral et me réveille. Le rythme est bon mais le tour dans ce sens est quand même plus lent. Nous arrivons à enchaîner rapidement les livres 10 et 11.
Nous arrivons au livre 9 sans erreur mais ce “hors sentier” n’arrange pas mes plantes de pieds qui sont de plus en plus douloureux. Malgré les straps je sens que ça continue de chauffer voir des ampoules sont en train de se faire. Je suis tellement content d’être dans cette deuxième boucle et dans les temps que je peux bien serrer les dents pour aller au bout.
Nous collectons les pages suivantes mais la montée vers A… nous paraît interminable. Une fois au livre 6 nous entamons la descente vers le livre 5. Je me rends compte que j’ai de plus en plus de mal à tenir sur mes pieds dans les dévers, en effet je dégringole presque du chemin jusqu’au livre (environ 100m) et la remontée est un vrai calvaire.
Nous sortons de la forêt et la chaleur se fait beaucoup ressentir, pour la traversée des prairies le soleil nous tape dans le dos et notre rythme faiblit un peu. Je reste concentré car je ne connais pas bien le chemin pour aller jusqu’au livre 4. Finalement pas de problème pour trouver le livre. Par contre le chemin suivant est plus “dangereux” que ce que je pensais, je l’avais trouvé sympa en montée mais en descente c’est autre chose. Le chemin est étroit avec le vide à droite, nous n’avons pas le droit à l’erreur et je sens mes pieds bien douloureux.
Une fois en bas nous devons arriver sur le livre 3 mais nous sommes décalés de quelques mètres et pour la première fois depuis le départ de la course nous passons environ 15’ à chercher le livre. Nous sommes soulagés d’avoir la page en poche, le temps est compté pour espérer faire une 3ème boucle (la fun run est l’objectif de Cédric).
Avant d’arriver au livre 2 nous croisons Colin dans le sens inverse qui est parti sur sa seconde boucle du missionnaire. Petite erreur pour trouver le livre qui nous fait perdre 5’.
La page en poche nous attaquons la dernière montée, on croise Damien et François qui sont vraiment en forme, ils sont lancés vers leur fun run. Une fois en haut je me laisse guider par Cédric qui connaît par cœur la descente (elle est différente de la montée). Elle me paraît interminable tellement j’ai mal aux pieds, j’essaye de la suivre tant bien que mal pour ne pas me retrouver seul. Juste avant le livre je perds l’équilibre et casse mon bâton, ça et mes pieds douloureux atteignent vraiment ma détermination. La dernière page en poche je laisse Cédric terminer la descente devant pour ne pas lui faire perdre trop de temps.
J’arrive finalement à la Diat quelques minutes après lui mais bien démotivé pour repartir. Il nous aura fallu environ 16h30 pour cette deuxième boucle.
Interboucle 2-3
Avant même que le Triumvirat compte mes pages, j’annonce à Maud et Simon que je ne veux pas repartir, mes pieds me font vraiment trop mal.
Ils arrivent tous les 2 à trouver les mots pour me redonner de la motivation, ajouter à cela les soins apportés par les secours et les 20’ de sommeil je repars sur la 3ème boucle.
Boucle 3
Je récupère le dossard 123 auprès du Triumvirat, j’espère que mes pieds entièrement strappés me feront moins mal et que je pourrais espérer terminer cette boucle.
Le départ de la Diat se fait en courant car cela me permet d’éviter les douleurs mais à peine arrivé dans les petits chemins qui descendent au Guiers je sens que c’est de nouveaux douloureux. Au Guiers j’essaye de me frayer un passage pour ne pas mouiller mes pieds (et ce n’est pas simple) avec Maud et Simon qui me hurlent dessus depuis le haut du pont. Je continue le chemin les pieds au sec mais lorsque je rentre dans la sente menant au livre 1 je sens que ça ne va pas le faire. Je n’ose pas appuyer pour monter et les appuis instables me font horriblement mal. J’arrache ma page du livre 1 et décide de faire demi-tour.
Sur le chemin du retour je croise FX qui essaye de me convaincre de venir avec lui mais les douleurs ont eu raison de moi. Il ira finalement chercher qu’une seule page de plus que moi.
Je rentre donc à la Diat avec ma page… Cette édition de la Chartreuse Terminorum s’arrête donc ici pour moi…
Bilan
Je finis à la fois surpris et frustré de cette 8ème édition de la Chartreuse Terminorum. Surpris car je ne pensais pas pouvoir faire une première boucle en si peu de temps et finir assez frais physiquement. Frustré que ce soit mes pieds qui me jouent des tours.
Cette course ne fait pas de cadeaux et après coup je me dis que cette année je n’étais peut-être pas prêt à endurer une troisième fois les difficultés de la boucle. En voyant les derniers (François, Damien et David) finir les 3 boucles et même démarrer la 4ème je me dis que cela est possible…
Je serais de nouveau à la Diat l’année prochaine mais seul le Triumvirat sait de quel côté de la barrière.
Ajouter un commentaire
Commentaires